Internet pour détecter les effets secondaires des médicaments

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Les dangers des médicaments visibles très tôt sur InternetMots clés :médicaments, INTERNET, pharmacovigilancePar Pauline Fréour – le 05/08/2013Les informations véhiculées via les moteurs de recherche sont utilisables pour améliorer la pharmacovigilance.

Les scandales sanitaires récents comme l’affaire du Mediator ont mis en avant les failles du système de pharmacovigilance en France. Devant l’insuffisance des informations remontées par les professionnels de santé, il paraît de plus en plus pertinent de solliciter l’avis des patients, les plus à mêmes de remarquer les effets indésirables d’une molécule au quotidien. Les moteurs de recherche et les forums Internet spécialisés apparaissent à ce titre comme une mine infinie de renseignements à explorer, au point que des entreprises se sont déjà lancées dans la commercialisation des données qu’elles en tirent.

L’intérêt de la méthode a été vérifié par une équipe de chercheurs américains. À l’aide d’un programme de surveillance de la navigation Internet, ils ont décrypté les recherches de 6 millions d’internautes sur les moteurs Google, Bing et Yahoo!. Ils se sont pour cela penchés sur un cas connu, l’inter­action indésirable de deux molécules – la paroxétine (un antidépresseur) et la pravastatine (médicament contre le cholestérol) – identifiée en 2011 aux États-Unis par le canal classique de pharmacovigilance. Pris ensemble, ces médicaments favorisent l’hyperglycémie. Les chercheurs ont donc regardé si certaines combinaisons de mots reflétant cet effet indésirable avaient été fréquemment tapées pendant la pé­riode précédant l’annonce officielle, en 2010.

Ils ont pour cela mis au point un algorithme détectant sur les ordinateurs des volontaires de l’étude, des associations de mots, comme «paroxétine et taux de sucre élevé» ou «paroxétine et pravastatine et polyurie» (la polyurie, ou sécrétion excessive d’urine, étant un symptôme de l’hyperglycémie).

Selon leurs résultats publiés dans le Journal of the American Medical Informatics Association (Jamia) en janvier, les personnes faisant une recherche incluant les deux molécules avaient plus de chances d’y associer des symptômes de l’hyperglycémie (10%) que celles qui faisaient des recherches sur une seule de ces molécules (paroxétine 5% ; pravastatine 4%). «En termes de santé publique, il peut être vraiment bénéfique de prêter attention à ces signaux et de les associer à d’autres sources d’informations pour accélérer la création d’une pharmacovigilance fiable», concluent les auteurs, qui travaillent au centre de recherche Microsoft et à l’université de Stanford, en Californie.

Un signal précoce

En France, surveiller les forums Internet dédiés à la santé figure parmi les recommandations finales du rapport sur la pharmacovigilance remis à l’Académie de médecine en novembre dernier. Le Pr Jean-Louis Montastruc, coauteur du document, estime qu’il y a un réel intérêt à analyser les messages laissés par les particuliers sur ces sites, même si ces informations doivent être considérées avec prudence.

«Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de faux positifs: les gens peuvent rapporter des troubles causés non pas par le traitement mais par la maladie. Il faut donc avoir conscience qu’il s’agit uniquement de signaux précoces, à confirmer en­suite par les moyens traditionnels: étude de dossiers médicaux, tests en laboratoire», explique au Figaro le pharmacologue toulousain.

Des entreprises se sont déjà lancées sur le marché. Sur le modèle du site treato.com aux États-Unis, la société française Kappa Santé a mis au point un programme baptisé «Detect» qui combine analyse informatique, sémantique et mathématique sur une dizaine de sites et forums orientés vers la santé. Son patron, le Dr Stéphane Schück, prévoit de lancer d’ici à la fin de l’année un site pour le grand public, où chacun pourra consulter une ana­lyse des informations circulant sur 500 à 600 médicaments. La société, spécialisée depuis dix ans dans l’évaluation du médicament, devrait aussi proposer ses services aux professionnels de santé, aux industries pharmaceutiques, voire aux autorités sanitaires.

Qualité de vie

À l’Agence nationale de sécurité de médicament (ANSM), la directrice de la surveillance, Évelyne Falip, confirme qu’il serait bénéfique d’avoir plus de signalements émanant de particuliers. «Les patients ne déclarent pas les mêmes effets indésirables que les professionnels de santé. Ils parlent davantage de ce qui affecte leur qualité de vie, alors que les médecins se concentrent sur les cas graves», explique-t-elle.

Un décret autorise depuis 2011 les particuliers à signaler directement des effets secondaires à l’ANSM via un formulaire en ligne, mais leur part dans le total des retours enregistrés reste très faible – un peu moins de 4% en 2012. Dans une logique de diversification de ses sources, l’agence a donc prévu de lancer son propre programme d’ana­lyse des forums médicaux, en partenariat avec l’Inserm. La conception devrait être lancée d’ici à quelques semaines.

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